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L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses
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SUJET: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses

L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 4 mois #1875

  • Emilie
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Difficile de parler d'atonalisme, d'atonalité, d'après "atonalité" ou bien de néo- tonalité sans passion...ou sans fâcher quelqu'un...Certains musiciens manient savoir et humour, et cela,même au Collège de France,

ici Jérôme Ducros invité par Karol Beffa une vidéo qu'il faut absolument entendre: elle est un peu longue et certains arguments faciles et discutables mais la conférence n'est pas inintéressante, loin de là.


Dernière édition: il y a 6 ans, 3 mois par rinaldi.

Re: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 4 mois #1876

  • bricas
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La conférence est longue, mais très pertinente. Elle devrait passer dans toutes les classes de compositions, ce qui nous éviterait, peut-être, les aberrations que l'on entend souvent proférées et hélas ....composées.

Re: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 4 mois #1878

  • JLF
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C'est une excellente illustration de l'harmonie classique, très provocatrice et polémique sur le fond (avec beaucoup de mauvaise foi !) mais c'est aussi très drôle, beaucoup plus drôle que la réponse qu'en a fait notamment Dusapin (voir ce billet de blog et aussi les commentaires, ICI)
A noter qu'il fait une impasse totale sur les compositeurs, - notamment français - du début du XXe siècle, les Debussy, Ravel, etc. dont il dit simplement qu'ils ne sont pas classables. En gros, sa thèse est "quand c'est tonal, c'est prévisible, et ça, les auditeurs raffolent, car ils comprennent". Sous-entendu, "quand ce n'est plus prévisible, c'est atonal". Pas sûr que Karol Beffa soit un "pur neo-tonal" dans ce cas.

Bref... la principale qualité de cette démonstration est que c'est drôle et très didactique. Les mélomanes qui n'aiment pas le contemporain l'apprécieront, et les autres aussi, car le sketch mérite d'être vu jusqu'au bout !

Re: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 3 mois #1885

  • bricas
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Jérôme Ducros , dans cette conférence, m’a paru drôle, très habile et plutôt subtil : je ne pense pas que sa démonstration puisse se résumer dans la formule « ce qui est tonal est prévisible – quand ce n’est plus prévisible, c’est atonal ». La musique tonale a bien entendu sa part d’imprévisibilité qui marque sa qualité et son originalité (ou non), en fonction de la qualité des compositeurs. La prévisibilité concerne les attractions , les cadences , les règles formelles… qui sont reconnues par les auditeurs. La musique atonale peut aussi avoir sa part de prévisibilité dans la mesure où elle obéit à des systèmes donnés. Dans ces conditions, n’est-il pas préférable de se placer au niveau de l’auditeur : une musique est-elle reçue ou pas ? C’est, à mon avis, le fond de la démonstration réalisée par le conférencier : il s’élève contre l’indifférenciation caractérisant certaines musiques atonales, qui entraine confusion et ennui et qui a eu pour résultat historique que ces musiques n’ont pas été reçues par le public. Dans ses « Entretiens sur la Musique », Wilhelm Furtwaengler décrivait déjà en 1938 ce phénomène, alors que l’ère boulézienne n’était pas encore arrivée !

Re: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 3 mois #1891

  • rinaldi
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Malgré quelques raisonnements un peu spécieux, notamment sur l'incommunication (pour reprendre un mot de Dominique Wolton) actuelle entre compositeurs et public, due à une rupture langagière musicale commune, cette conférence a surtout soulevé le problème du détournement massif des interprètes de la création musicale contemporaine.
Que le grand public n'apprécie pas la musique prospective, ce n'est pas nouveau dans l'histoire de l'art. Depuis le Salon de 1832, consacrant l'émergence du mouvent romantique, aggravé par celui de 1863 avec Manet, la peinture et les arts plastiques plus généralement, ont ouvert un gouffre de désamour entre les créateurs et le public. Mais le divorce est consommé depuis belle lurette et on s'offusque désormais plus guère devant les provocations plasticiennes d'artistes à la mode ou lancé par quelques marionnettistes habiles du marché de l'art.
Pour la musique, le fait étant plus récent, la rupture a été plus radicale, cet art ayant rattrapé son retard avec les arts plastiques et affichant aujourd'hui des prétentions avant-gardistes aussi décoiffantes que celles de ses devanciers. D'ailleurs, si l'on devait se fier au "goût" du grand public, on en serait encore à exposer de nouveaux et énièmes peintres impressionnistes ou faiseurs de "biches au fond des bois".... Le problème n'est pas tant le langage ou la démarche artistique de la musique que la propension française à l'esthétique unique, promue partout et pour tous, selon une logique héritée du centralisme colbertiste et jacobin. Or, il y a de la place pour tout le monde au soleil de la création, en musique comme ailleurs.

Amitiés,

Yves
Oeuvres en écoute directe sur www.rinaldi-musica.fr
Dernière édition: il y a 6 ans, 3 mois par rinaldi.

Re: L'Atonalisme en questions : les notes fâcheuses il y a 6 ans, 3 mois #1893

  • Nicodem
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Je me suis régalé, et j'aurais bien passé encore une heure de plus. Merci Emilie !
J'ai retenu que l'atonalisme ne fait pas sens, et donc condamne à l'écoute passive et est incapable d'évoluer. La cause à la volonté idéologique de faire une rupture complète avec le passé. C'est tout à fait ce que je ressens. Il ne parle pas de Ravel et Debussy, mais il parle de Stravinsky, qui pour lui a un langage qui fait encore sens.
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